La plateforme illicite VerifTools a été suspendue grâce à une opération conjointe des autorités américaines et néerlandaises. Véritable plaque tournante des documents d’identité factices, VerifTools était un outil précieux dans l’arsenal des cybercriminels.
Les autorités ont saisi deux noms de domaine, des serveurs virtuels et l’infrastructure physique qui permettait d’opérer la plateforme. Une victoire pour les autorités, mais un rappel de la fragilité des mécanismes KYC en crypto et ailleurs.
Une opération conjointe des Pays-Bas et des États-Unis
C’est en août 2022 que l’enquête du FBI concernant VerifTools a commencé. Il aura fallu 3 ans pour identifier les infrastructures physiques et en ligne et mettre un terme aux activités de la plateforme. Pour y arriver, le FBI a collaboré avec la police nationale et le ministère public des Pays-Bas.
Parmi les infrastructures saisies, on peut citer 21 serveurs virtuels hébergés depuis un centre de données à Amsterdam. Mais aussi deux noms de domaine et deux serveurs physiques. Aujourd’hui, la plateforme VerifTools n’est plus accessible depuis ses anciens noms de domaine.
Dans son communiqué de presse, le FBI estime que la plateforme aurait engrangé plus de 6,4 millions $ en revenus illicites. Un chiffre qui laisse entrevoir l’ampleur de l’activité. D’autant plus que les documents falsifiés sur VerifTools étaient vendus dès 9 dollars américains.
U.S. Government Seizes Online Marketplaces Selling Fraudulent Identity Documents Used in Cybercrime Schemes: The operators of VerifTools produced and sold counterfeit driver’s licenses, passports, and other identification documents that could be used to bypass identity… pic.twitter.com/z3cPdNy7ml
— FBI (@FBI) August 28, 2025
VerifTools, un cauchemar pour la vérification KYC
Sur VerifTools, il était possible d’acheter des documents d’identité falsifiés à partir de 9 $ en cryptomonnaies. La plateforme proposait de fausses identités de tous genres. Y compris des permis de conduire des 50 États américains, et de divers autres pays.
Notons que de nombreuses plateformes reposent sur de simples photos de pièces d’identité en guise de vérification KYC (Know Your Customer). C’est actuellement le cas de plateformes d’échange crypto et de nombreux protocoles décentralisés.
Dans de telles circonstances, les services comme VerifTools étaient un atout précieux dans l’arsenal des cybercriminels. En effet, ces fausses pièces servaient, entre autres, à contourner les mesures de sécurité pour créer des comptes et des portefeuilles anonymes. Mais aussi, ces documents pouvaient également servir pour obtenir l’accès à des comptes d’autres utilisateurs de manière frauduleuse.
Une lutte sans fin
Malgré la suspension de VerifTools, il ne fait aucun doute que d’autres plateformes du genre continuent d’opérer. Comme le prouve la suspension récente de Huione et Xinbi sur Telegram, ces plateformes refont souvent surface après peu de temps. Ou alors, les utilisateurs migrent simplement vers d’autres plateformes encore fonctionnelles.
La cybercriminalité progresse à grands pas et elle bénéficie d’un écosystème qui se structure de plus en plus. Dans le communiqué de presse des autorités, Ryan Ellison, procureur général par intérim, s’adressait aux cybercriminels en ces termes :
Nous utiliserons tous les moyens légaux à notre disposition pour perturber vos activités, vous priver de vos profits et vous traduire en justice. Aucune opération n’est plus importante que notre action collective. Avec nos partenaires à tous les niveaux des forces de l’ordre, nous protégerons les habitants du Nouveau-Mexique et défendrons ceux qui se battent pour notre communauté.

