Typiquement, les mécanismes de burn ont pour but de réduire l’offre disponible et de rehausser la valeur des jetons en circulation. En somme, c’est un mécanisme essentiel qui vise à éliminer le risque d’inflation des cryptomonnaies.
Il est donc surprenant que la Fondation Ethereum inaugure le concept de Proof of Burn. Un mécanisme qui vise à créer des jetons secondaires plutôt que d’éliminer la valeur associée aux jetons brûlés par les mécanismes déflationnistes.
Proof of Burn : la Fondation Ethereum innove ?
Le concept Proof of Burn sur Ethereum consiste à émettre un jeton BETH (Burned Ethereum) afin de prouver qu’un jeton ETH a bel et bien été brûlé. D’après les explications de la Fondation Ethereum, ceci vise à créer des preuves on-chain de l’effectivité des mécanismes de burn sur la blockchain Ethereum.
En pratique, ceci est mis en place grâce à un contrat intelligent. Les jetons ETH envoyés à ce contrat sont immédiatement et systématiquement transmis à une adresse de burn. Ainsi, ils sont définitivement retirés de la circulation. En contrepartie, l’adresse qui a interagi avec le contrat intelligent reçoit un nombre équivalent de BETH afin de prouver le burn.
On peut voir les jetons BETH comme des actifs tokénisés des jetons ETH brûlés.
🔥 Proof of Burn
Ethereum burns billions in ETH every year.
Until now, that value vanished into the void.Today, we launch BETH: Burned ETH, tokenized.
BETH is live.
Github:https://t.co/n7pkcb1Y7F pic.twitter.com/6uNjmAwcEN
— Ethereum Community Foundation (@ethcforg) August 28, 2025
Une innovation utile et nécessaire ?
Rappelons que la blockchain Ethereum dispose déjà de mécanismes déflationnistes embarqués. Notamment, avec la proposition EIP-1559, les frais de base de chaque transaction sont permanemment retirés de la circulation.
Dans un tel contexte, on peut s’interroger sur la pertinence du nouveau mécanisme mis en place par la Fondation Ethereum. Théoriquement, ce nouveau mécanisme pourrait devenir un levier d’accélération du burn de jetons ETH. Autrement dit, une forme d’accélérer la pénurie d’ETH pour en booster le prix.
Joseph Lubin, cofondateur d’Ethereum considère que ce mécanisme pourrait être un moyen d’améliorer la gouvernance, la reddition de comptes ou même de développer des systèmes déflationnistes dans les jeux Web3.
Massive props @0xzak and team. Might be your finest work to date.
We will be adopting and building on BETH, BBETH, BBBETH, BBBBETH, ….
Burning ETH is going to be a very lucrative thing to do, as it will spawn industries. And a very fun thing to do, as it will become a… https://t.co/XmFu2Fp1VN
— Joseph Lubin (@ethereumJoseph) August 29, 2025
En ce moment, il y a de nombreux protocoles DeFi sur Ethereum qui proposent des sommes en ETH comme intéressements pour les utilisateurs. Avec ce nouveau concept, ces protocoles pourraient récompenser les participants avec des jetons BETH. Ceci dit, la question de la valeur du BETH reste entièrement posée.
Redonner de la valeur à des jetons brûlés ?
A priori, 1 jeton BETH est censé correspondre à 1 jeton ETH. Mais ceci implique-t-il que les jetons BETH ont une valeur monétaire ? Auquel cas, ceci ne reviendrait-il pas simplement à capturer la valeur qui était censée disparaître au profit d’Ethereum ?
Une chose est certaine, l’avènement de BETH lancera une nouvelle économie secondaire d’Ethereum. Une économie dans laquelle les protocoles DeFi utiliseront leurs revenus pour brûler ETH et obtenir du BETH.
C’est-à-dire, une économie qui alimentera systématiquement la pénurie d’ETH et qui pourrait être un levier de plus pour pousser ETH jusqu’à 10 000 $. En ce moment, le jeton Ether est encore à 4 415 $ environ.
