Le bitcoin continue de s’infiltrer dans la finance traditionnelle. Aux Pays-Bas, la société Amdax prépare le lancement d’AMBTS, une structure dédiée à la gestion de trésorerie en BTC, avec l’objectif d’une cotation sur Euronext Amsterdam. Une première en Europe, qui pourrait élargir l’adoption institutionnelle du Bitcoin à une nouvelle catégorie d’investisseurs.
Un véhicule inédit, pensé pour accumuler du Bitcoin
Amdax vise grand. Avec son projet baptisé Amsterdam Bitcoin Treasury Strategy (AMBTS), la société néerlandaise entend proposer un véhicule d’investissement coté en Bourse, dont l’unique mission est d’acheter, conserver et gérer du Bitcoin comme réserve stratégique.
Le timing est tout sauf anodin. En 2025, le bitcoin a déjà progressé de plus de 30 %, atteignant de nouveaux sommets.
La demande institutionnelle, elle, s’est envolée. Désormais, plus de 10 % de l’offre en circulation est détenue par des entreprises, des fonds ou même des États. Amdax veut capitaliser sur cette dynamique, en offrant aux investisseurs européens un accès simple, régulé et surtout lisible à l’actif roi des cryptos.
Le PDG, Lucas Wensing, assume une ambition claire : faire d’Amsterdam un centre névralgique de la trésorerie en Bitcoin. AMBTS espère même, à terme, capter 1 % de l’offre mondiale de BTC. Un objectif audacieux, évidemment et qui suppose des moyens colossaux.
Le Bitcoin, d’actif spéculatif à actif de trésorerie
Derrière cette initiative, une tendance de fond se confirme : le Bitcoin n’est plus perçu uniquement comme un actif à risque. Il devient, lentement mais sûrement, une réserve de valeur pour acteurs institutionnels.
Aux États-Unis, le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche et son positionnement crypto-friendly ont renforcé cette évolution. En Europe, le cadre est plus contraignant, mais l’idée progresse.
Coter un véhicule Bitcoin sur Euronext, c’est envoyer un signal. Jusqu’ici, beaucoup d’investisseurs rechignaient à détenir directement du BTC, par manque de familiarité ou crainte de faille de sécurité. Avec un produit accessible via compte-titres, le saut devient beaucoup moins risqué.
En clair : le Bitcoin sort du garage des passionnés pour rejoindre les salles de conseil d’administration.
Une stratégie ambitieuse et risquée
Reste que l’objectif annoncé par Amdax (détenir 1 % de tout le BTC en circulation) soulève quelques questions. Il faudra des milliards, une confiance solide, et surtout une capacité à traverser les périodes de volatilité sans céder à la panique. Difficile à dire pour l’instant si les investisseurs européens sont prêts à franchir ce cap.
Mais le mouvement est lancé. Et le cadre choisi n’a rien d’anecdotique : Euronext est l’une des plus grandes places boursières du continent. Y coter un produit Bitcoin, c’est lui offrir une visibilité que peu de projets crypto ont atteinte jusqu’ici.
Amdax pourrait bien ouvrir la voie. Si l’expérience s’avère concluante, d’autres acteurs (banques privées, sociétés de gestion, voire États) pourraient s’en inspirer. L’idée de loger du Bitcoin dans une structure régulée, cotée, stable juridiquement, devient crédible. Et ça change pas mal de choses.
On n’est plus très loin d’un monde où le BTC, encore vu il y a dix ans comme une curiosité pour cypherpunks, se retrouverait dans les bilans des multinationales européennes. C’est un changement de perspective.
Le Bitcoin, nouvel or digital ?
Au fond, ce que tente Amdax, c’est de redéfinir le rôle du Bitcoin dans la gestion d’actifs. Pendant des décennies, l’or a joué le rôle de valeur-refuge universelle. Mais comme la confiance dans les monnaies fiat s’effrite doucement, le BTC s’impose comme une alternative crédible.
Un actif rare, global, liquide, et s’il est bien structuré relativement simple à intégrer dans un portefeuille. Le chemin reste semé d’embûches. La régulation européenne, encore floue sur certains points, pourrait ralentir l’élan.
