Les autorités tchèques arrêtent Tomáš Jiřikovský. Ce trafiquant de drogue avait déjà été reconnu coupable par le passé. L’homme se trouve au cœur de l’affaire de la donation en bitcoins faite au ministère de la Justice. Par conséquent, ce dossier s’élargit désormais vers des soupçons de blanchiment d’argent et de trafic de stupéfiants.
Une arrestation qui relance l’affaire
Le Bureau suprême du procureur confirme l’intervention. En effet, le Centre national de lutte contre le crime organisé (NCOZ) est intervenu jeudi. Le média tchèque Echo24 publie des informations détaillées. Plusieurs individus ont été interpellés. De plus, les forces de l’ordre ont saisi plusieurs éléments matériels.
L’enquête se concentrait initialement sur des soupçons d’abus de pouvoir. Cependant, elle a depuis bifurqué vers le blanchiment et les trafics liés aux stupéfiants.
Cette évolution change complètement le ton. En effet, la police ne s’intéresse plus seulement à la légitimité d’un don. Elle examine désormais le parcours de l’argent et ses ramifications criminelles.
Le passé trouble de Jiřikovský
L’homme n’est pas un inconnu des forces de l’ordre. Déjà en 2016, la police avait arrêté Jiřikovský. Il administrait alors Sheep Marketplace, un site clandestin de vente de drogues sur le darknet. La justice l’avait ensuite condamné pour détournement de fonds et trafic de stupéfiants. Le tribunal avait prononcé neuf années de prison. Finalement, il en a purgé quatre.
La police est intervenue dans une maison de Břeclav. Jiřikovský y résidait ces derniers temps. C’est là qu’elle a procédé à son arrestation.
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Une tempête politique à quelques mois des élections
Cette affaire de dons en cryptomonnaie secoue le gouvernement de Petr Fiala. Cela arrive au pire moment : à quelques mois des élections prévues cet automne. L’opposition tente d’exploiter le scandale. Le parti ANO la mène et domine actuellement les sondages. En conséquence, il a déposé une motion de censure en juin. Néanmoins, le gouvernement a tenu bon et a survécu au vote.
En interne, cette survie n’efface pas les tensions. En effet, la polémique a déjà coûté son poste à un membre du cabinet.
Le ministre de la Justice contraint à la démission
L’ex-ministre de la Justice Pavel Blažek quitte ses fonctions en juin. La cause : son acceptation d’un don de 468 BTC. Ces bitcoins ont ensuite été revendus. Le montant atteignait environ 1 milliard de couronnes tchèques, soit près de 45 millions de dollars.
Ce chiffre impressionne, mais il entraîne de lourdes conséquences. Il s’avère que l’origine de ces fonds était loin d’être claire. C’est précisément ce qui déclenche la tempête politique.
Un audit accablant
Sa successeure, Eva Decroix, commande un audit indépendant. Elle s’adresse au cabinet Grant Thornton. Publié fin juillet, le rapport ne laisse guère de place au doute. Les auditeurs concluent que le ministère n’aurait jamais dû accepter ce don en bitcoins. Leur conclusion est cinglante : l’argent provenait probablement d’activités criminelles. En l’acceptant, le ministère s’exposait à la possibilité d’avoir commis une infraction pénale.
Cette analyse renforce la pression publique. Elle donne également du crédit aux critiques de l’opposition.
