Un membre éminent de la BCE, Piero Cipollone, insiste sur un point essentiel : l’euro numérique ne doit pas se substituer à l’argent liquide. Au contraire, il doit en rester le complément numérique.
Une coexistence claire entre numérique et espèces
Dès le début, Cipollone soulignait l’importance de préserver la liberté de paiement. Il rappelle que payer en liquide reste un droit fondamental, notamment pour les transactions quotidiennes. Ainsi, même si les paiements numériques gagnent en popularité, l’argent physique doit rester accessible partout. Il affirme que l’euro numérique sera accepté partout, tout comme les pièces et les billets.
Cette approche ménage l’ensemble des citoyens, y compris ceux moins à l’aise avec les technologies digitales. La numérisation des paiements ne doit pas exclure les plus vulnérables.
Cash is indispensable as a way to pay and to store value, says Executive Board member Piero Cipollone.
We are modernising banknotes, ensuring they remain accessible and widely accepted.
A digital euro will complement this by bringing the benefits of cash to digital payments.
— European Central Bank (@ecb) August 4, 2025
Une solution numérique sûre, respectueuse de la vie privée et une souveraineté européenne renforcée
Cipollone assure que l’euro numérique sera doté d’un haut niveau de protection des utilisateurs, en ligne comme hors ligne. L’objectif : offrir une confidentialité comparable à celle du cash, même dans un environnement numérique.
En plus, le projet est accessible à toutes et tous, y compris aux personnes non bancarisées ou sans accès à un smartphone. Il prévoit des outils simples et inclusifs, comme des cartes, pour permettre des paiements à tout moment et partout en zone euro.
La mise en place de l’euro numérique permet également à l’UE de renforcer sa souveraineté en matière monétaire. En s’appuyant sur une infrastructure européenne sécurisée, la zone euro réduit sa dépendance aux fournisseurs de paiement étrangers. Cela favorise la concurrence et l’innovation locale. L’objectif est net : proposer un moyen de paiement européen sûr, fiable et efficace dans un contexte numérique en plein essor.
Une législation attendue d’ici à 2026
Pour que l’euro numérique voie le jour, les institutions européennes doivent finaliser un cadre législatif adapté. Cipollone espère qu’un accord politique pourra être atteint d’ici début 2026. Par la suite, la BCE estime qu’il faudrait deux à trois ans pour déployer le dispositif grand public.
Ce calendrier permet une planification prudente, conciliant innovation et régulation, sans précipitation.
Simultanément, la BCE s’emploie à moderniser l’argent liquide. Elle prévoit notamment une dernière série de billets plus durables, accessibles et sécurisés. Cette démarche s’intègre dans la stratégie fiduciaire pour garantir que le cash reste disponible là où il est nécessaire.
Les autorités veulent aussi encadrer légalement l’accès à ces moyens de paiement physiques. Ainsi, les commerçants seraient dans l’obligation d’accepter les espèces, sauf cas exceptionnel prévu par la loi.
Une réponse aux inquiétudes grandissantes
Le recul des espèces dans certains pays européens suscite des critiques. Certaines régions risquent une exclusion des citoyens qui n’ont pas accès ou qui refusent les paiements numériques. En réponse, l’euro numérique apparaît comme une alternative sûre, respectueuse de la vie privée, et tout à fait complémentaire au cash, en tout ça si l’on en croit la BCE.
Cela permettrait de préserver la liberté de paiement tout en offrant une modernisation maîtrisée.
Avec cette vision, Cipollone trace une voie équilibrée : conserver le cash indispensable à la liberté individuelle, tout en développant un euro numérique inclusif, sécurisé et souverain. L’euro liquide et l’euro digital coexistent pour répondre à tous les usages, à l’heure d’une transformation numérique globale.
Cependant nombreux sont ceux, notamment dans le monde des cryptos, qui doutent des intentions de la BCE derrière l’euro numérique. En effet, beaucoup y voient un potentiel instrument de censure et de contrôle qui permettrait d’instaurer un crédit social comme c’est le cas en Chine avec le Yuan numérique.
